jeudi 20 octobre 2016

ART 42 : le Musée du street art en France par Nicolas Laugero Lassere


Directeur de l'école l'ICART (Institut des Carrières Artistiques), Président Fondateur de l'association Artistik Rezo et collectionneur d'art urbain, Nicolas Laugero Lassere se lance aujourd'hui dans un nouveau défi : celui de donner vie à un Musée du street art en France, et gratuit, dans un lieu atypique. C'est l'école 42, l'école informatique de Xavier Niel ( l'inventeur de la Freebox) qui accueille depuis peu la collection de street art de Nicolas. Le principe est le même que celui de l'école nichée au coeur du 18ème arrondissement de Paris : accueillir gratuitement les passionnés. Ici sont regroupés 50 artistes dont quelques piliers du mouvement, quelques 150 œuvres réparties sur pas moins 4 000 m2. Impressionnant. Ayant suivi ces derniers mois cette épopée unique, j'en ai profité pour poser quelques questions fondamentales sur le parcours et la démarche de ce collectionneur à part.
ART 42, ART42
Nicolas Laugero Lassere, ART 42 ©ABK

Je me souviens de tes débuts de collectionneur de street art, il y a quelques années. Tu avais d’ailleurs fait une exposition à l’espace Pierre Cardin avec des pièces de quelques piliers du genre. Qui t’a initié et comment cette passion est-elle née ?
J'ai eu une la chance à 20 ans quand je suis arrivé à Paris, d'habiter la butte aux cailles, un quartier du 13ème arrondissement de Paris près de la Place d'Italie. Les murs étaient remplis d'œuvres de street artistes. 
J'ai rejoint deux ans plus tard l'espace Pierre Cardin et c'est un nouvel accès à l'art qui s'est opéré pour moi.  J'ai acheté ma première œuvre en 1998 lors d'une vente aux enchères Caritative au profit de l'association la source de Garouste. C'était un pochoir de Miss.Tic !
Ensuite Magda Danysz (galeriste parisienne, ndr) a été un mentor et m'a fait découvrir l'ampleur du mouvement. 

Quel est ton parcours, comment en es-tu arrivé à créer ce Musée de l’art urbain à Paris?
J'ai d'abord était passionné d'art et de street art, puis en 2008, j'ai présenté la première exposition de ma jeune collection. S'en est suivi 40 expositions pendant près de 10 ans et plusieurs commissariats ces dernières années. 
Art42 est donc véritablement l'aboutissement d'un parcours de collectionneur avec 150 œuvres et installations exposées de plus de 50 artistes sur 4000 m2. 


ART 42 se veut le premier Musée de street art en France, il en pousse de par le monde depuis peu, pourquoi faire un Musée du street art ( quelles sont tes motivations),  et pourquoi maintenant ?
Il s'agit de montrer un grand panorama de cette scène artistique qui passionne tellement de gens. À la fois le travail d'atelier de ces artistes mais aussi des murs et installations sur les parois de l'école. 
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BANKSY, Musée ART 42, école 42 ©ABK
Pourquoi le créer au sein d’une structure aussi particulière ? Ce Musée est bien atypique. Explique-moi un peu les accointances entre 42 et Artistik Rezo/ ta collection d’art ?
J'ai été fasciné par l'énergie de cette ecole à sa création en 2013. J'ai tout de suite proposé de m'y associer et d'apporter un accès à la culture aux étudiants. 
Là encore, le projet Art 42 est l'aboutissement de plus de 3 ans de collaboration. 

L’exposition montrée pendant la Nuit Blanche fait dialoguer art urbain et art numérique. C’est aussi ma préoccupation majeure dans mes propres recherches et travaux artistiques.  Mais cela reste une pratique encore naissante, presque artisanale, aussi je me demande ce qui a motivé ce choix ? Est-ce la promiscuité avec l’esprit de 42 ?
Oui exactement. C'est aussi l'association du futur architecte de NOC42 avec un artiste du numérique Christian Delecluse. 
L'idée à donc été de monter un événement ensemble en croisant les courants artistiques. Nous avions un véritable ADN commun, générationnel et subversif. 

Cette collection que tu crées méticuleusement depuis des années, comment l’as-tu abordée, comment a-t-elle évolué au fil du temps et qu’en espères-tu pour le futur ?
J'ai vraiment tout appris en la faisant. Je ne venais pas de ce milieu. Ces dernières années, j'ai essayé de me concentrer sur de grandes œuvres de plus grandes tailles afin de faciliter la monstration. 
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JonOne, école 42, ART 42 ©ABK

Le Musée est gratuit et ouvert à tous depuis la nuit Blanche, est-ce que c’est pour conserver l’idée que le street art est accessible à tous, puisque sa place est dans la rue ? Nous sommes à près de 20 000 visiteurs en moins d'un mois. J'ai toujours pensé qu'il fallait respecter l'ADN du mouvement : la gratuite et l'accessibilité, son côtés militant. 

Je suis venue voir chaque étape de la création de ce projet atypique. Je voulais te demander d’expliquer la façon dont tu vois l’idée de ce musée contemporain ?
C'est l'idée d'amener le musée dans une école. De mettre le musée au coeur des jeunes et de ceux qui en ont le plus besoin. 

Que réponds-tu aux détracteurs de la première heure qui ne supportent pas l’idée que le graffiti et l’art urbain quittent la rue ( les murs), son habitacle naturel ?
Depuis le début du graffiti dans les années 70 à New York jusqu'au années 80 en France avec la naissance du street art, les artistes ont toujours eu un travail d'atelier, sur toile et sur support. Rien de nouveau donc. Simplement l'émergence d'un marché important, ce qui n'était pas le cas au début. 


Quelles pièces te rendent le plus fier de cette collection et pourquoi ?
Surtout de grands formats d'artistes importants. J'ai été bien conseillé il y a plusieurs années pour concentrer ma collection sur quelques grandes œuvres plutôt qu'une multitudes de petites pièces. C'est ce qui me permet aujourd'hui de montrer un ensemble cohérent. 
Je pense à particulier à Swoon, Shepard Fairey, Evol, Dran, Gris1, Madame, les Monkey Bird...

Après ce parcours riche en expositions itinérantes et en aventures pionnières, que te reste-t-il à accomplir dans la sphère de l’art urbain?
J'ai le sentiment de n'être encore qu'au début de l'aventure de ce mouvement. Nous avons encore certainement de beaux projets et de grands moments à vivre...

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