mardi 6 septembre 2016


XANAÉ BOVE EN INTERVIEW SUR L'EX-TAZ !
XANAÉ BOVE © Annakarin Quinto
 Avec son documentaire Ex-TAZ, CITIZEN CASH (1987-1994), la réalisatrice Xanaé Bove est allée explorer les T.A.Z de la charnière 80-90, ces zones ultra libres et secrètes, dont Hakim Bey parla en 1980, qui ont fait vibrer toute une génération de technophiles étourdis par l'effervescence d'un mouvement naissant, aussi puissant qu'éphémère, laissant derrière lui des souvenirs embués et quelques mythes évasifs à l'instar de Pat Ca$h, l'étoile filante de cette période folle en fêtes spontanées. Un précieux souvenir pour toutes celles et ceux qui étaient là, un joli cadeau à la jeune génération qui pourrait elle-même s'inventer de nouvelles zones à conquérir, loin des courses Pokémon groupées, en coupant justement internet et le téléphone pour retrouver l'essence de la fête, dans cet ailleurs qui n'est pas forcément permis par la société moderne. C'est donc avec un certain plaisir que je partage cet échange empreint d'extase, un peu à la manière de celle de Sainte-Thérèse d'Avila, s'inclinant face à l'intensité de son plaisir. Pour ma part, c'est surtout celui d'un retour aux sources qui me donne envie de m'extraire du quotidien, pour aller explorer/faire vivre de nouvelles TAZ, disparues. Merci Xanaé de raviver la flamme techno-punk en moi grâce à ce film...
ex-taz, pat cash, pat ca$h, taz, T.A.Z, techno, summer of love
L'affiche du documentaire de Xanaé Bove
Comment en es-tu venue à t’intéresser aux TAZ et que représentent elles
pour toi ?

J'ai toujours préféré la marge au centre et l'excentricité (littéralement : ce qui
est hors du centre) au conformisme, donc une appétence naturelle pour l'underground, dès que j'ai commencé à développer mes propre goûts, que ça soit les sorties, la culture, les rencontres. Je dirais vers 16 ans, mais en fait, même enfant, je préférais ce qui sort de la norme. L'Underground est une TAZ, soit -suivant la définition d’Hakim Bey dans son essai éponyme- : un espace de liberté éphémère – réel, virtuel ou imaginaire, voué à disparaître pour ressurgir ailleurs, une fois qu’il est trop nommé, exposé, médiatisé. Son livre-même, on en parlait beaucoup dans les 90s. Hakim Bey a su intelligemment mettre des mots sur ce que bon nombre de nous (travellers, ravers, squatters, teuffers, explorateurs, défricheurs, idéalistes…)  recherchions et pratiquions inconsciemment. Un peu comme M. Jourdain qui fait de la prose sans le savoir (Cf. Le Bourgeois Gentilhomme, ndr), on a découvert que certaines créaient, expérimentaient des TAZ sans en être conscients. Mon film reprend ça. Comme la plupart des héros de mon documentaire, j’ai connu différentes T.A.Z sans pour autant les nommer.
Elles représentent tout simplement, -mais c'est déjà beaucoup!-  des espaces de liberté et d'expérimentation.
 



Que se passe-t-il d’exceptionnel en 1987 qui fait surgir l’apparition des free parties et autres raves  et pourquoi selon toi, cela disparait petit à petit au cours des années 90 ?
Alors, 1) 1987 correspond à l’apparition des premières raves en Angleterre et non, free parties, un phénomène qui viendra ensuite  début 90 en UK, puis en France.
2) À Paris, les premières raves n’auront pas lieu avant 1989 grâce à Manu Casana, le robin des bois de la techno, qui les avait découvertes, précisément en Angleterre.
3) J’ai choisi ces dates car elle sont liées au parcours de Pat Ca$h : avènement, puis disparition au même moment (1994) où le visage de la nuit se modifie et pour en savoir plus, eh bien ! il faut voir Ex-TAZ Citizen ca$h(1987-1994) !...




Est-ce qu’on peut dire que le summer of Love (88) est un beau mélange de hippie et de punk ?



Entre autres,  le Summer of Love anglais  (1987) est une résurgence du Summer of Love hippie de 1967 et les jeunes ravers, des héritiers de l’esprit D.I.Y hippie, puis punk. Il y a une transmission du savoir-faire des ainés,  oui.
D’ailleurs, on retrouve beaucoup de recoupements passionnants (du moins, à mon humble et subjectif avis !) : Penny Rimbaud, du groupe punk autonome Crass (source d’inspiration pour la taggeur Popay, l’organisateur de raves Manu Casana ou encore… Pat Ca$h !) a été un des fondateurs du festival hippie de Stonehenge. Autre accointance  qui me ravit : les Spiral Tribes feront une de leurs premières free parties à Glastonbury ou Stonehenge, fief des festivals hippies qui, à leur façon, plantent les prémisses  des futures raves qui adviendront environ  20 ans plus tard.

En quoi la France s’est-elle différenciée du modèle anglais ?

Dans un sens, ca serait malhonnête de répondre à cette question car malgré mon amour pour l’Angleterre, je n’y ai pas vécu, même si j’ai assisté à des sublimes fêtes là-bas. Ensuite, je suis réalisatrice, pas historienne. Il me semble qu’au Royaume Uni, il y a davantage un sens du collectif et de l’organisation qu’en France. J’y ai vu des lieux se transformer en TAZ  en un temps record, franchement bluffant, peut-être plus rapidement qu’en France ? Je ne suis pas la mieux placée pour répondre, car je ne suis pas et n’ai jamais été non plus organisatrice.
xanae bove, taz, ex taz
L'oeil de Ca$h en surimpression Champigny -Extrait du film.
Personnage insaisissable des nuits parisiennes : Pat Cash, pourquoi est-il devenu mythe… furtif ?



Parce qu’il est une bonne métaphore et du cross over de l’époque : il était dans toutes les galaxies -et pas qu’underground : hip hop, punk hardcore, funk, techno, mais aussi clubbing, jet-set, radio Nova… et de la TAZ : une fois trop exposé, il a disparu, renforçant la légende.
Enfin, sa liberté et son excentricité le rendent éminemment romanesque.
Après, je ne sais pas si c’est un mythe ? Ceux qui l’ont bien connu confirmeront –ou pas.

Que garde-t-on de cette période ? 
La techno !...

Est-ce que les TAZ existent encore aujourd’hui et si oui, sous quelles formes et où ? 
La zone d’autonomie temporaire  est éphémère, l’état d’esprit éternel. On peut espérer que, de tous temps, l’être humain aura besoin d’oasis de Liberté, de créer ses propres lieux.
La TAZ  peut être un squat, un hameau auto-géré, un festival, un site web, une soirée, un happening, même un banquet..

Le Burning man fait-il encore partie des TAZ par exemple ?
La définition-même de la TAZ comporte l’idée d’éphémère,  considérant que ce festival fête cette années ses 30 ans d’existence et est devenu très célèbre, non! Ça ne l’empêche probablement pas  de comporter des éléments extrêmes.

Le monde moderne avec sa circulation de l’info ultra rapide…ne permet-il plus de TAZ ?
  
Je pense et j’espère que tant qu’il y aura des êtres humains pensants et agissants, on se différenciera des zombies, robots... en cherchant à développer autant que possible l’autonomie, la différence.
Il faut faire circuler l’info autrement, revenir à davantage de secret, d’invisibilité. C’est ce que dit mon film. Se servir et subvertir les moyens de communication, comme l’a judicieusement suggéré Christophe Feray, un ancien du punk (lié aux Witches Valley, groupe culte fin 80) qui a participé à un des débats liés à Ex-TAZ.

De quelle façon la fête a t elle changé, comment perçois tu la fête d’aujourd’hui ?
D’une certaine façon, tu y réponds avec ta question précédente : la circulation de l’info a beaucoup modifié  la donne. Spécialement, la circulation de TROP              d‘informations. Maintenant, avant même d‘être à la « fête », tu peux avoir accès à tellement d’infos que tu te demandes à quoi bon y aller en vrai ? Déjà, tu as un aperçu topographique hyper précis : merci Googlemaps ! Puis, tu peux entendre tous les sets des DJS ou lives des musiciens via FB, soundcloud, mixcloud, etc… Si 2 ou 3 personnes sont déjà sur place, la publication de photos, selfies sur les réseaux sociaux, achèvera de te donner une idée de la soirée.
On a troqué nos libertés pour du soi-disant confort, de la sécurité et donc,
beaucoup plus de contrôle. Fin  80 et surtout durant les 90s, les gens étaient
libres de se mettre à l’envers sans être filmés, photographiés en permanence,
c’est quelque choses qu’ils fuyaient par-dessus tout !                                      
(Dans le premier débat au Saint André des Arts qui a diffusé  Ex-TAZ  en mars  et
avril, on  parle justement du Paris d’aujourd’hui avec l’équipe du film (image : Steph
Zemore ;  montage : Bruno Bervas et Nadine Verdier), Patrick Rognant, ex-FG et
Gwen Vinson,  ex-Fantom et le public.
TAZ, ex-taz, xanaé bove, patrick thévenin
Conversation animée par Patrick Thévenin au Peacock Festival à Paris, autour du documentaire en présence d'acteurs des T.A.Z et de Laurent Garnier
Lors du débat ayant suivi la diffusion de ton film au festival Peacock, Laurent Garnier indiquait qu’il y avait actuellement une réelle effervescence musicale de qualité chez la jeune scène techno et électro, c’est aussi ta perception ?

Je pense que Laurent G est bien mieux placé que moi pour savoir ; il n’empêche que, je ne sais pas si tu te souviens,  mais en échangeant lors de ce débat, il a fini par avouer que tout cela n’est que du revival musical !

Où peut-on voir ton film prochainement ?








Le 15 octobre au Havre, sinon suivre les infos sur le site web EX-TAZ
et la  page Facebook du documentaire On peut aussi voir le teaser ici ou .

mardi 30 août 2016

Interview de Jb Hanak pour son expo au Silencio



Silencio, dDash, dDamage, Cobra
JB Hanak au Silencio à Paris devant ses dessins.
Mondialement connu pour ses posts punko-kamoulox sur Facebook, légèrement célèbre aussi pour ses groupes dDamage et Cobra notamment, JB Hanak, a.k.a. dDash, se fraye désormais un chemin dans le paysage de l’art contemporain. Salué par la critique, adulé par le public, au même titre que pour son parcours musical, il semblerait que ce garçon ait un don protéiforme, que ce soit pour manier la guitare, le micro ou le Posca. À ce titre, dans certaines régions du monde, on le surnomme même « mao de Deus »… Psychélédio-illuminati-regressivo-névrotiques, ses dessins bleus ( comme les yeux de quelqu’un ou ceux de l’âme dans ton for intérieur), tous différents mais empreints d’un processus sériel, semblent avoir été réalisés sous LSD. Si vous passez par le Silencio, le club de Lynch, n'hésitez pas à jeter un oeil à ses dernières productions. Ainsi, il m’est apparu tout à fait opportun de lui proposer une interview "allumée"… Que n’avais-je pas allumé la brèche du millième degré avec mes questions justement. 
Bref, voici un dialogue entre fous artistiques.

JE HAIS LES CHIENS

Bleu comme tes yeux ?
Quand j’étais enfant, on avait l’habitude de dire « les yeux marrons c’est les yeux des cochons, les yeux bleus c’est les yeux des amoureux ». 
Alors en premier lieu, il se trouve que j’ai les yeux marron ; par ailleurs, je suis très amoureux. Je n’ai jamais compris cette analogie mais je l’ai toujours aimée car je me sens humainement proche du porc. C’est un animal que j’affectionne particulièrement pour plusieurs raisons : j’habite dans mes déchets, je pratique le sexe de manière répugnante, je mange bruyamment et sans mâcher, je dégage une odeur corporelle souvent suspecte, etc. 
Ensuite, il suffit juste de s’intéresser un minimum à cet animal pour se rendre compte que les cochons ont tous les yeux bleus. Bah oui. C’est un détail que j’ai pour ma part inscrit au fer blanc dans ma mémoire au cours d’une soirée d’Halloween, à Joinville le Pont, en octobre 1996. Le maître de cérémonie avait fait les choses en grand : outre la soirée costumée, il avait décoré toute sa maison avec des parties de corps d’animaux morts préalablement achetés chez son boucher. Je fus pour ma part transpercé par l’inspiration à la vue d’une tête de porc clouée par les oreilles sur une porte. La fin de soirée s’est terminée en bataille de viande et je me suis emparé d’un très gros couteau – sous l’emprise de l’alcool, c’est très intelligent – afin d’arracher les globes oculaires des orbites de l’animal. Cette difficile tâche m’a pris une bonne vingtaine de minutes. Au lendemain – et, ce, durant plusieurs semaines – j’étais absolument incapable de tenir une conversation avec une personne aux yeux bleus sans me souvenir de manière effroyable de mon acte. Voilà un des premiers points d’accroche vraiment fort que j’ai tissé avec la couleur bleue. 
C’est une histoire encore très importante pour moi, vingt années plus tard. Sur ce point, je pense pouvoir bien plus me revendiquer d'Ozzy Osborne que d'Yves Klein (qui m'a toujours fait chier).

Dans quel hôpital psychiatrique as tu appris à dessiner ?
J’ai appris à dessiner à l’école. Non pas en cours de dessin, car on ne m’y a enseigné que des conneries affreusement inutiles. D’une manière générale, j’ai toujours pensé que l’école était une vaste et pénible fumisterie ; et ta question me fait nostalgiquement penser que, durant l’adolescence, j’ai souvent comparé l’école à un hôpital psychiatrique. Un endroit où l’on t’enferme pour te mettre de force des horribles conneries dans la tête. 
Donc, en gros, j’ai passé le plus clair de mon temps au fond de la classe à ne rien foutre d’autre que de remplir inlassablement les pages de mes cahiers avec des dessins interminables, comme je le fais encore aujourd’hui. Sauf qu’aujourd’hui, je suis libre. Enfin, je le crois. Par ailleurs, lorsque j’étais en 4ème, au collège Nicolas de Staël à Maisons-Alfort, un jour, en cours de dessin, ma prof Madame Dreyfuss m’a repéré en fond de classe à dessiner dans mon agenda ; alors que j’étais supposé dessiner sur une feuille Canson les mêmes saloperies totalement minables imposées à mes camarades et moi. Éprise d'un zèle autoritaire et déraisonné, cette femme s’est emparée de mon carnet pour en déchirer toutes les pages avec des dessins. C’était dans ma période « je dessine des monstres avec des pénis énormes se terminant par des visages épris de douleur et dégageant énormément de salive ». 
Au final, j’ai eu quatre heures de colle que j’ai passées en salle de permanence, à dessiner des monstres dans ce qu’il restait des pages de mon carnet.

Que n écoutes tu pas comme musique quand tu dessines ?
Tout. Je dessine en silence. J’ai mes activités de musicien en parallèle au dessin. C’est la raison pour laquelle je préfère ne pas écouter de musique lorsque je dessine. Le dessin de demande énormément de concentration, je préfère ne pas être diverti lorsque je pratique. Et il faut dire aussi que le silence fait partie du Top 3 des choses que je préfère écouter dans la vie : ex-æquo avec les larsens et les hurlements de sirènes des flics.

Ca se mange ?
Je ne suis pas certain de saisir le sens de ta question. Néanmoins, j’aimerais préciser que je suis pro Gluten, pro Viande, pro OGM, pro huile de Palme, pro hormones, pro acides gras saturés, pro junk food, pro alcool et par dessus tout pro Monsanto. Je préfèrerais toujours des Skittles à une aubergine.

Tu remontes quand sur scène ?
Concernant dDash, il est probable que je fasse un concert dans une magnifique salle parisienne d’ici quelques mois, mais je ne peux pour le moment dévoiler le lieu. Par ailleurs, nous avons le projet de tourner ensemble un de ces jours avec Nicolas Ker qui est un garçon que j’affectionne particulièrement – et puis on partage le même bassiste, Jeff « Eat Gas » Dijoud, réputé pour être le musicien le plus relax de toute la scène parisienne. Sinon, quelques dates avec Cobra sont également prévues à partir de la rentrée : et là c’est très différent, il s’agit vraiment de mecs pas relax du tout. Et puis, le truc le plus excitant, c’est que nous préparons actuellement le retour de dDamage avec un concert en octobre à l’occasion de la sortie de notre nouveau disque vinyle. On reprend les armes avec mon frère, et ça va vraiment faire du boucan sur scène.

Est ce l air de la montagne ?
Je ne sais pas, je ne comprends pas cette question non plus, mais, disons que les trucs sains c’est définitivement pas pour moi.

En anglais ça donnerait ?
« Kind of Blue »

On s éloigne un peu du sujet central. Peux tu définir ce que je vois dans tes dessins ?
C’est extrêmement simple : mes dessins et mes peintures sont un amas de choses horriblement compliquées et torturées, réalisées avec une joie de vivre incontestable et un sens de l’humour que j’espère communicatif. Le compliqué y est présenté d’une manière que j’essaie à rendre simple pour le sens visuel. Énormément de détails laissent l’impression d’avoir été réalisées vite et simplement ; et il s’agit là d’un travail long et fastidieux. Je rends très souvent hommage à mes diverses sources d’inspiration tout en étouffant ces références, en les noyant sous énormément de couches successives de dessins qui finissent par prendre le dessus de manière écrasante. C’est une petite vengeance mesquine et jouissive à la fois, j’adore tuer mes références. Freud a tenté d'expliquer que c’était vraiment le truc ultime ; donc, je m’y amuse. Et sinon, il y a des leitmotivs que je répète de manière inlassable. La tête de porc dont je te parlais plus haut en fait partie. Je ne l’oublierais jamais et j’aimerais me ramener à son souvenir de manière éternelle.

Sont ils Vegan ? Ou Alan Vega, à la rigueur ?
Vu ce que je t’ai expliqué plus haut, tu dois commencer à te faire une idée de ce que je pense des vegan. Ensuite, pour Alan Vega, j’ai appris sa mort la semaine dernière et je dois t’avouer que j’étais extrêmement déçu qu’il ne se soit pas suicidé. Sérieux, la honte… Il a pas fait le boulot jusqu’au bout, quelle arnaque… Sinon, j’ai beau ne pas être vegan, je me dois d’insister sur un point extrêmement important : j’adore les animaux. Top 5 : Serpent, cochon, singe, cafard et éléphant. Tu retrouveras le singe dans dDamage et le serpent dans Cobra (mon signe astrologique chinois). Le cafard est un animal avec lequel nous avons été élevés mes frères, ma sœur et moi. Les aimer fut la solution de compromis afin de pouvoir vivre en paix, car ils ne voulaient pas partir. Et puis, j’adore les éléphants. Il y en a vraiment pas mal de camouflés dans mes dessins. J’entretiens une relation particulière avec cet animal depuis très longtemps. 
Quand j’étais ado j’ai eu un job au Salon du Livre, j’étais dans un costume d’éléphant. Un personnage tiré d’un livre de soutient scolaire pour aider les enfants qui galèrent à lire et à compter. C’était un costume énorme, pour une seule personne. En 5 jours j’ai perdu 5kg. A l’intérieur, je devais faire jouer un bras entre la trompe et une main du costume. J’avais des pattes en moonboots gigantesques qui limitaient à mort ma mobilité. Et puis aussi, il y a une fille de quatre ou cinq ans qui est tombée amoureuse de moi. A un tel point qu’elle ne voulait plus voir sa mère, elle voulait juste rester avec l’éléphant. Elle disait juste « L’éléphant, l’éléphant, l’éléphant ! », tout le temps. Elle me l’a dit des dizaines et des dizaines de fois, elle m’a jamais rien dit d’autre. Elle me faisait des câlins, mais moi je sentais rien à cause de ce foutu costume trop gros. On a fait le tour du salon du livre deux fois de suite en se tenant la main et sa maman devait nous suivre de loin sans se faire voir. Ma chérie, elle disait toujours « L’éléphant, l’éléphant ! », ou même parfois elle ne disait rien mais en serrant fort ma main ; elle avait un grand sourire et elle regardait les gens fièrement. Ça a duré pas mal de temps. 
A la fin, elle a pleuré parce qu'il fallait rentrer à la maison. 
Moi j’ai pas pleuré mais j’étais triste – j’aurais pu pleurer, dans le costume personne n’aurait vu. Et puis mon manager est venu me voir pour m’engueuler parce que j’étais parti 35 minutes de mon poste. J’étais sensé faire des photos avec des enfants insupportables, alors que j’avais le cœur déchiré d’avoir laissé partir mon amoureuse. Une heure plus tard j’ai pris ma pause pour aller fumer une cigarette dehors. J’avais enlevé mon costume mais, comme un pauvre abruti que je suis, j’avais gardé les moonboots aux pieds : mes pieds d’éléphant. Sur le parking j’ai recroisé la petite fille avec sa maman. Je croyais qu’elle était rentrée à la maison, alors j’étais heureux de la revoir. Aussi, elle avait arrêté de pleurer, donc je lui ai fait un sourire. Mais j’avais pas mon costume, alors elle savait pas qui j’étais. Elle faisait un regard bizarre. J’avais une cigarette allumée. C’est quand elle a vu mes moonboots qu’elle a compris et elle s’est mise à pleurer de nouveau. C’était pas le son de pleurs du caprice pour rester avec l’éléphant. Là, j’ai entendu qu’elle pleurait du vrai douloureux ; je lui ai brisé le cœur en la faisant grandir beaucoup trop vite. 
Elle disait encore les mêmes mots « L’éléphant, l’éléphant… » dans des sanglots insupportables, sa mère m’a porté un regard haineux, long, infect. Du coup j’étais effondré et je ne me le suis jamais pardonné. C’est triste. Je suis pas un éléphant. J’ai jamais été un éléphant. Par contre, les pieds lourdingues de l’éléphant, depuis cette histoire, je suis condamné à me les trainer jusqu’à la fin de ma vie.
jb hanak, dDash, Cobra, dDamage,Silencio
Mur du collège Nicolas de Staël à Maisons-Alfort

Y en a combien et surtout se reproduisent ils comme des gremlins ?
Ma première série « Hyperactive Jerk » comportait 25 pièces. La nouvelle se nomme « NEGATIVE » et comporte une dizaine de pièces (actuellement exposées au Silencio) mais elle n’est pas terminée. Elle sera prochainement exposée à l’Institut Français de Tokyo en novembre et – aussi – il y a un projet d’exposition à New-York pour le printemps 2017. Les pièces ne se reproduisent pas comme des gremlins, malheureusement, elles demandent énormément de travail et de temps… 
Mais j’aime bien l’idée qu’on peut s’en faire, comme avec ta question : l’idée que je fais mes tableaux super vite de manière quasi industrielle me plait. Et j’aime entretenir le mensonge pour créer du scénario amplement plus cool que la réalité. Sinon, la comparaison avec les gremlins est rigolote, mais pour ma part, je me sens dans la création beaucoup plus inspiré du mythe du Golem ; que je trouve incroyablement beau dans la tradition tout en étant foutrement actuel. C’est quelque chose qui se trouve en parfaite adéquation avec mon rapport torturé à l’enseignement. Je ne le répèterais jamais assez : les enfants, n’allez pas à l’école, c’est de la merde, tout ça c’est des conneries qui sont là pour vous pourrir la vie et faire de vous des personnes mauvaises et inutiles. Bon, tout n'est pas perdu, hein... On peut toujours trouver par chance un diamant caché dans une montagne de merde. J'ai vécu une expérience très intense à l'école, lorsque j'étais en 3ème. Toujours au collège Nicolas de Staël à Maisons-Alfort. C'était donc un an après l'histoire du cours de dessin que je t'ai précédemment racontée. Un an plus tard, donc, j'ai affiné mes dessins pour aller à l'essentiel. Je ne dessinais plus de monstres à grosses bites, mais tout simplement des grosses bites. Aller droit à l'essentiel, c'est extrêmement important. Il se trouve qu'à l'époque, c'était l’émergence de la mode du tag et du graff. Personnellement, je ne m'en suis jamais senti proche : c'était plus l'affaire de mon grand frère Fred (avec qui je fais dDamage aujourd'hui, et qui était membre des VEP aux côtés de Oeno, Colorz, Jare, Pozer, Arnak...). La seule chose qui m'intéressait dans ce mouvement, c'était le vandalisme. Je me reconnaissais énormément au travers de l'acte de vandalisme, que je chérissais par dessus tout. J'avais un camarade de classe qui, lui, était profondément fasciné par le nazisme. 
Du coup, il ne taguait pas non plus, il graffitait des croix gammées un peu partout dans le collège. Pour ma part, je graffitais des bites de toutes tailles. Ça allait bien ensemble, on s'amusait, on a même fait des oeuvres croisées : des crois gammées faites de bites (mais je me suis rendu compte bien plus tard que nous n'avions rien inventé). Et puis, un beau jour, nous nous sommes fait pincer par un surveillant qui nous a emmené directement chez la directrice : Madame Muffragi. J’avais dessiné une bite vraiment énorme sur un mur et écrit comme légende « VIVE LA BITE ! » en lettres majuscules sur lesquelles venaient se poser des gouttes de sperme. La punition fut la même pour mon pote nazi comme pour moi : un samedi après midi d'heures de colle. Le jour de la sanction étant venu, la directrice du collège a réuni tous les élèves de l'école sous le pré-haut juste avant la libération de 12h30. L'idée était de nous humilier mon pote nazi et moi même face à tous les élèves de l'école. C'est alors que Madame Muffragi a porté ce discours qui résonne encore aujourd'hui au fond de ma mémoire comme l’unique véritable acte pédagogue de toute ma scolarité : "Vos deux camarades sont punis car ils ont commis la même connerie : ils ont salopé les murs du collège avec leurs graffitis. Je leur ai donné la même sanction, cependant j'aimerais vous expliquer qu'il réside une énorme différence dans le caractère des graffitis qu'ils ont fait tous les deux. Le premier a dessiné des croix gammées, et je pense qu'il est encore un peu trop jeune pour estimer le poids de sa connerie. Le second a dessiné des pénis. Et j'aimerais dire une chose essentielle à tous les petits cons et toutes les petites connes que ça amuse : à votre âge, il est beaucoup plus naturel de dessiner partout des gros sexes turgescents que de dessiner des croix gammées. S'il y a un chemin à suivre dans la connerie, je vous conseille de suivre celui de Hanak". Ça a flatté mon égo. Raison pour laquelle tu peux passer des heures à analyser mes dessins et mes peintures : tu y trouveras plein de bites camouflées un peu partout, mais jamais une seule croix gammée. C'est peut être le seul truc appris à l'école que je continue aujourd'hui à mettre en application. 
C’est ma manière de rendre hommage à Madame Muffragi qui fut, à mon sens, la seule personne du corps enseignant m’ayant transmis quelque chose d’utile durant toute ma scolarité ; je te laisse juge pour déterminer si c'est une bonne chose ou encore une énorme connerie. Mon pote nazi s’est vengé quelques jours plus tard, en allant graffiter « A MORT MUFFRAGI LA GROSSE PUTE » sur le muret blanc de l’entrée du collège. Il a effectué ce graffiti à l’aide d’un baranne rempli d’un mélange d’encres et de peintures dont lui seul avait le secret. Cette histoire date de 1991. Et bien, tu peux te rendre aujourd’hui au devant du collège Nicolas de Staël, 81 rue Victor Hugo à Maisons-Alfort : 25 ans plus tard, le mur a été repeint une bonne cinquantaine de fois. 
Après chaque averse, le graffiti réapparait en transparence derrière la peinture blanche. C’est magique, nous sommes en 2016 et le graffiti est toujours là. Encore aujourd’hui je n’ai de cesse d’être bouleversé d’émotion chaque fois que je passe devant : c’est le graffiti le plus puissant que je n’ai jamais vu de toute ma vie. Et j’ai beau encore admirer le discours de Madame Muffragi, il n’empêche que le vandalisme lui a été plus fort. Le temps nous l’a prouvé.

Avant qu’on se quitte, quelle question te poserais tu ?
Après t’avoir parlé des animaux que j’aime, j’aimerais terminer sur « Quel animal détestes tu ? ». Il y en a un et un seul : le chien. Merde, les chiens... Oh non, pas les chiens… Putain de chiens. Je vous hais. Socialement je fais croire que je hais les chiens. Je le dis souvent, vraiment, à tout le monde. Je déteste les chiens, reste tranquille clébard de merde. T’approche pas, sale clébard pourri, tu pues de la gueule. En fait je dis comme ça, c’est juste parce que je veux pas montrer que j’ai peur d’eux. De toute manière, j’aime pas montrer quand j’ai peur, donc c’est plus simple comme ça. Ça a commencé quand j’avais sept ans ; j’étais au bord du Lac de Créteil avec mon père et j’ai vu quatre petits chiots tout mignons. Des bergers allemands qui avaient à peine deux semaines, vision de beauté pure. J’ai été les voir d’un pas pressé tellement j’avais envie de les caresser, puis j’ai à peine eu le temps d’en toucher un que leur maman m’a sauté dessus pour me déchiqueter un bras. Et puis une fesse. Ensuite, elle a voulu me mordre au cou pour me tuer, mon père et le propriétaire du chien sont arrivés à temps pour la bloquer à coups de savates dans sa gueule. Moi j’étais par terre à pisser le sang de partout et aussi, je pleurais comme un bébé alors que mon père continuait à défoncer ce clébard de merde à coups de lattes très insistants. 
Ensuite on a pris la voiture avec mon père, j’étais sur la banquette arrière ; c’était le premier voyage à 190km/H de toute ma vie. Je me vidais de mon sang, le sang coulait vite, mais je me souviens précisément avoir aimé la vitesse tout en chialant. On grillait tous les feux. Je connaissais pas la vitesse, ce truc qui fait peur aux gens. Moi j’étais sur le point de mourir, mais la sensation du 190 et des hurlements des klaxons me plaisaient. Avec mon père, on était plus forts que la probabilité d’un accident de voiture mortel parce qu’il voulait me sauver la vie. Et puis, on a été arrêtés par des policiers. Des motards. Contraint de stopper la voiture, mon père a hurlé par la fenêtre dès que les policiers sont arrivés à notre niveau : « Barrez vous bande de fils de putes, je vais à l’hôpital mon gosse est en train de crever ! » Les policiers m’ont regardé et ont répondu à mon père « Excusez-nous monsieur, on va vous ouvrir la voie. » Ils nous ont escorté jusqu’à l’hosto, en roulant encore super vite. Mon corps d'enfant qui refroidit, les torrents de larmes, la vitesse, les bouts de chair qui pendent, le sang partout et les hurlements des sirènes de flics dans ma tête qui vacille. C’était la première sensation extrême de ma vie ; et elle cohabitait de manière exponentielle avec un infini sentiment de fierté à l’égard de mon Papa. Je suis fier de mon Papa. Il est vraiment con, mais je suis fier de lui parce que moi aussi je suis très con. Et aujourd’hui, j’aime pas les flics. 
Mais j’ai toujours ce truc qui fait que je préfère tout de même ceux en moto. Voilà, et la fin de l’histoire tu la connais parce que je suis pas mort.

Tu nous chantes un petit quelque chose avant de partir ?
Je te laisse avec « Pédés et Drogués » de Cobra. Bisous, et puis merci pour l’interview.
https://cobra06130.bandcamp.com/track/p-d-s-et-drogu-s

 Exposition de Jb Hanak au Silencio :
dessin jusqu'au 4 septembre et gravure jusqu'en octobre 2016.

dimanche 10 juillet 2016

Shepard Fairey : about EARTH CRISIS


In june, the weather in Paris turned so ugly that it gave pretty much pain to the street artists to perform on walls ! While it was raining cats and dogs, some heroic figure of the global urban art painted few great walls around in town. Shepard Fairey, a.k.a Obey was THE man in town ! He also came for the opening of EARTH CRISIS, his brand new artistic show at Medhi's famous Itinerrance gallery, settled in the 13th district of the capital. A f***g unforgettable moment !

shepard fairey, earth crisis
EARTH CRISIS Opening at Itinerance's with Shepard Fairey

Earth Crisis : The project

 

Of course you know him ! If you are not like me, into street art for ages, you remember for sure the Obama's campaign iconic red and blue portrait. Shepard Fairey painted it to support Obama before the election. With the success, the pic became official. Well, like it or not but the American artist is a true committed artist. 

The issue of Shepard Fairey's new project is focused on ecology.

Remember the giant globe under the first floor of the Eiffel Tower during COP21 global conference in Paris ? The sculpture was signed Shepard Fairey. The artistic globe was put there after the terrible attacks in Paris of the 13th of november 2015 until the end of december of the same year. Here began Shepard Fairey's project on Earth Crisis... 

The exhibition at French gallery Itinerrance is the logical art show following the former installation at the Eiffel Tower. Its purpose is pretty clear : we have to protect and save the planet. With many brand new paintings and sculptures, Shepar Fairey invites the street art lovers to consider the planet : "installations, murals, paintings and prints are different ways to spread the idea that we are facing a global Earth crisis. I think art is a way to awaken people (...) If someone likes my murals, one of my installation, maybe he could be concerned about the message I am trying to deliver."

Dozen of new artworks in different shapes of blue and pale blue are displayed to remember we have to take care about ecological concerns (air, water...). In this exhibition, fans and urban art lovers can enjoy paintings, prints, globe editions, scluptures and even a book. All prices for all purses...

Those who already know about the artist will not be surprised by his new artworks, that are deeply part of his artistic committment. They might enjoy the various details and poetry of each artwork. Personaly I am fond of the big wave, which reminds me gorgeous spots, like Pipeline in Hawaii, and also made me think of the famous Hokusai's wave. I also appreciate the gas station that, as a art historian, I would relate to the mythic Hopper ones. Shepard Fairey painted it in a great range of blue that make it organic and dreamy... 

 Shepard Fairey in Paris


Apart from, and before the exhibition, Shepard Fairey, together with his team, painted three new murals in Paris, among which this stunning Allegory to the French Republic and Democracy with a Marianne in medaillon surrounded by three words Liberté, Égalité, Fraternité.

On June 24th, an opening reception occurred at Galerie Itinerrance in the 13th district of Paris, right after the private opening for special guests and collectors. Hundreds of people came and waited to get in, admire the new project with the artist and his staff.

In French we use the expression "Madeleine de Proust" when an event reminds you a deep souvenir you like. That's what I felt there, as I remember the many articles I wrote on Shepard Fairey's productions far before the urban movement become something the audience considers as a serious trend.

Well, the new exhibition has the same codes as usual and is still in the style of the political propaganda iconography, but with many details in the background of each artwork.

During the opening, shepar Fairey spend time with friends and also with his fans being so kind with each of them. In the backstage, his team and family were talking about the French journey and their life in L.A. We shared nice time together. Some few French artists were here too.

About the Origins

 

The American artist was born in south Carolina (United States) in 1970. He now works and live in Los Angeles and travel a lot around the world. shepard Fairey, a.k.a Obey started his street "propaganda" through a kind of campaign of posters of Andre the Giant (French wrestler called André Roussimoff). This was this kind of cheap image you can see on flyers. Shepard Fairey stylized his face and the invasion in the streets started. I remember to have seen some of these stickers everywhere in the world in the years 2000. A claim is linked to this image "Obey Giant" and "Andre the Giant Has a Posse". How many people ask themselves "who hell is that guy I am asked to obey ?" Then, Shepard Fairey made many other portraits, still related to his will of changing the world. The most famous of all remains the portrait of Obama that had a huge success worldwide.
Shepard Fairey is not only a urban artist but he is an activist, like Ai Wei Wei is. Maybe that is why he donated prints in order to help Ai Weiwei to get back his passport from the Chinese authorities.

Earth Crisis until the 30th of July in Paris :
www.obeygiant.com
Galerie Itinerrance

dimanche 3 juillet 2016

Couturissimo's Parisian show with On Aura Tout Vu, Sebastian Gunawan & Michael Cinco


This sunday I was invited at the launch of the platform Couturissimo in Paris, right during the Couture fashion week. I had received a super beautiful printed invitation with my name engraved. What made me go to this unknown show is, above natural curiosity, the name of On Aura Tout Vu among the featured designers.
video
Deeply in love with On Aura Tout Vu's sense of Couture, I went to the show. Two other designers were selected for the launch of Couturissimo : the Indonesian designer Sebastian Gunawan and the Filipino designer Michael Cinco.

Couturissimo wants to set as a revolutionary fashion platform and decided to launch it during the Paris Couture Week with three little shows and some iconic pieces. The e-commerce website aims at developping micro collections in collaboration with great designers and starts successfully today at L'Orangerie Ephémère in the so romantic Jardins des tuileries, in front of few hundreds of international guests.
on aura tout vu sebastian gunawan michael cinco
Couturissimo's show with On Aura Tout vu, Sebastian Gunawan & Michael Cinco
Some of the garments presented today were particularly sparking, closer to the Asian or American taste, than to the French idea of Couture, but the quality and spirit of beautiful dresses (feeling like Couture) were there. To be honest, the website offers an incredible opportunity to feel like wearing Couture, for a minimum investment, as pieces costs between 170 up to 800 €.

High fashion On Aura Tout Vu offered a show based on images and garments that make the DNA of their fabulous Haute Couture story, with a particular piece wore with a crown. All designers tends to take a particular car of luxury codes through details such as embroderies, fabrics...

The website has an upcoming surprise for its customers : the creation of a virtual fitting room on line, built with silhouettes based on their precise body measurements. Just like if one's were a special guest in a Maison de Couture.
video
www.couturissimo.com
http://onauratoutvu.com

lundi 27 juin 2016

LE BON GESTE : POTAGER & VERGER SUSPENDUS À PARIS

 

« Il faut savoir cultiver son jardin, » disait Voltaire. Oui, mais comment faire en ville ? Peu à peu, a germé en moi l’idée d’une solution plus « locale » que les jardins partagés.

Partant du principe que la production potagère de proximité réduit mon impact sur la planète parce que moins de transport égal moins de production de CO2 (et ainsi de suite), je ne voyais pas bien pourquoi je devais transporter mes graines dans un jardin partagé à des kilomètres de chez moi et les planter là-bas, tout en émettant de la chaleur corporelle ou en prenant le train, et parfois même en véhicule polluant pour aller cueillir trois carottes, et me dire que j’avais fait la paix avec ma conscience écolo. Tout cela alors que je pouvais imaginer mieux, pour moins de tracas et de dépenses aussi.

Bref, je me suis dit : « Chiche, je fais un jardin chez moi ». Sur l’idée des super trendy jardins suspendus, je me suis concoctée un petit potager en plein cœur de Paris. Mon « geste écolo sympa » consiste simplement à planter mes graines là où la majorité des Parisiens font pousser leurs géraniums : dans les bacs accrochés aux fenêtres de nos domiciles parisiens.

UN INVESTISSEMENT VERT QUI NE MET PAS DANS LE ROUGE

 

 

mercredi 1 juin 2016

AKIRA : Omedeto Otomo San !

 


Pourquoi faut-il voir "Tribute to Otomo" à la galerié Glénat à Paris ? 

Véritable oeuvre cyberpunk, Akira, l'une de mes premières grandes émotions "mangaphiles" (à l'instar de Ghost in The Shell, bien sûr), a vu le jour dans les années 80. Son père, Katsuhiro Otomo, y dépeint une dystopie dans un Tokyo futuriste, post apocalytpique.... À la fois manga et japanimation, cet opus est devenu une référence absolue de ces univers. 

DVD d'Akira et exposition chez Glénat
Dessins de l'exposition Tribute to Otomo chez Glénat et mon vieux DVD d'Akira

Du 8 eu 26 juin, la Galerie Glénat offre aux amoureux et aux curieux du genre une très belle et très rare exposition « Tribute to Otomo », spécialement conçue pour le Festival International de la Bande dessinée d’Angoulême de 2016.

Alors que la série est actuellement rééditée aux éditions Glénat, l'exposition présente notamment des dessins cultes de Kaneda, le héro du manga,  et de son incroyable bolide, une moto rouge ultra design. Ont été réunions pour l'ocassion les talents d'une cinquantaine d'auteurs autour du Maître Otomo. Parmi eux, citons Virginie Augustin, Bannister, Dominique Bertail, Matthieu Bonhomme, François Boucq, Merwan Chabane, Ludovic Debeurme, Benoît Feroumont, Manuele Fior, Juan GimenezKim Jung Gi, Laureline Mattiussi, Marion Mousse, Sara Pichelli, Gloria Pizzilli, Jirô Taniguchi,...

Lors d'un vernissage bondé, à deux pas de la Mairie du 3ème à Paris, la sélection de dessins a "mis en trans" plus d'une personne. Madeleine de Proust pour les uns (dont moi), excitation de mangaphiles, moment de découverte d'amateurs d'art rompus aux expositions... s'étaient pieusement réunis autour de l'un des mangakas historiques.

exposition chez Glénat à Paris
Affiche de l'exposition Tribute to Otomo

Infos Pratiques :

Exposition-vente du 8 au 25 juin 2016
Galerie Glénat
22 Rue de Picardie, 75003 Paris www.galerie-glenat.com

Si vous êtes des mordus de mangas ou d'Akira, si vous avez vu l'expo, n'hésitez pas à poster votre commentaire :) 

samedi 30 avril 2016

Lifestyle : Le concept store éthique FRONT DE MODE à Paris !


Front de Mode, un vrai bon plan pour la mode consciente !

Alors que la papesse du select shop, a.k.a. Colette, pense à une éventuelle fermeture de son temple historique ès tendances de la rue Saint-Honoré, sa boutique depuis longtemps culte n'en finit pas de faire des émules plus ou moins heureux. 

Découvert il y a quelques mois au détour d'un vernissage de street art, ce select shop planqué dans la rue Volta (m° arts et métiers dans le 3ème à Paris) a retenu mon attention. Accolé à une galerie de street art, le shop dégage une vraie ambiance sympa ! On y fait volontiers un tour, à la découverte de trésors inattendus : des vêtements peints à la main par un artiste de ci, des créateurs délicats de là, de la déco rétro, des sacs à dos faits main... Et une petite marque de cosmétique bretonne Nominoë qui, ornée d'un triskel, invite au voyage au coeur des plantes de bretonnes (ajonc, blé noit, criste marine...). Qui ne demande qu'à être testée..
concept store développement durable
Front de Mode mise sur le développement durable.


La boutique dont le "Manifesto" est le développement durable propose une mode éthique qui se veut un laboratoire pour un "écosystème du XXIème siècle", dixit Sakina M'Sa, créatrice et maîtresse des lieux. Dans cette perspective, elle a sélectionné une cinquantaine de créateurs français et internationaux (dont la célèbre marque Misericordia) unis par au moins l'un des trois fondements du développement durable ( approche sociale de la production, respect de l'environnement, portée sociétale et culturelle). Une mode engagée qui célèbre déjà son premier anniversaire au rythme de quelques apéros estivaux.

Front de mode
42 Rue Volta, 75003 Paris